Manger trop vite et inflammation intestinale

Inflammation intestinale, colon irritable: l'hypothèse du manger vite comme facteur aggravant

Inflammation intestinale: Les professionnels de santé de terrain en avance sur la science?

Maladies inflammatoires intestinales, Côlon irritable : Manger lentement fait partie des conseils hygiéno-diététiques de base que l'on retrouve sur les sites des thérapeutes spécialistes. Ce conseil est présent chez de nombreux naturopathes, diététiciens et médecins.

Chez les patients (Crohn, MICI, RCH) aussi avec l'association François Aupetit, institution en France, qui le recommande également :

« PRENDRE MON TEMPS POUR MANGER • prendre de petites portions dans ta fourchette ou ta cuillère • croquer de petites bouchées sur les aliments tels que le pain, les sandwichs, les tartines, les fruits et les légumes à croquer… • couper finement les aliments les plus durs à mâcher comme la viande, certains légumes ou fruits… • saliver et mâcher suffisamment pour bien mélanger les aliments écrasés par les dents avec la salive et ainsi transformer les bouchées en bouillie • mastiquer complètement chaque bouchée avant de la déglutir • faire de petites pauses au cours du repas, notamment entre les plats, que ce soit pour finir de mâcher, boire, discuter… »

Association François Aupetit, pour les patients atteints de MICI, RCH et Maladie de Crohn.

Le sujet de l'inflammation intestinale ou colo rectale et un sujet d'actualité en matière de recherche médicale. Notamment sur des analyses croisées de microbiologie et de métabolisme extrêmement pointues, avec l’action de telle ou telle bactérie intestinale, ou l’action de tel ou tel nutriment sur le métabolisme. La science est aujourd'hui dans l'optique de chercher un coupable ou un héros avec l'action de telle ou telle molécule qui serait présente parmi une bouillabaisse foisonnante d'autres molécules dans le microbiote intestinal qui pèse entre 1,5 kilo et 2 kilos de matière. Aucune solution miracle n'a encore émergé, mais telle est l'approche qui prédomine.

La science ne s'intéresse pas encore à un sujet en amont qui est la qualité de préparation du bol alimentaire avec la mastication. Pour reprendre l'image culinaire de la bouillabaisse, la science s'intéresse peu ou pas à la préparation de la bouillabaisse et elle s'intéresse aux ingrédients.

Des professionnels de terrain qui recommandent de manger lentement pour prévenir l'inflammation intestinale. Une science qui ne s'intéresse pas au sujet. Mais pourquoi un tel fossé ?

La curiosité scientifique

Les chercheurs qui travaillent sur l'inflammation intestinale ont des connaissances médicales très poussées. Lors de leurs études, ils ont reçu un enseignement en motricité digestive, qui détaille comment l’estomac est un super broyeur qui avec l’action conjuguée de la motricité (effet de malaxer) et de l’acidité gastrique broie les aliments. Il est même précisé, et c’est là je pense que se trouve le hiatus, que selon cet enseignement, les aliments ne sont libérés dans l’intestin (vidange gastrique) qu’à partir du moment où la taille des nutriments est dissoute en dessous de 3 mm.

« L’estomac… assurant le broyage progressif de la phase solide du repas en particules de taille inférieure à 3 mm. La nécessaire réduction de la taille des solides avant leur évacuation du contenu vers le duodénum»
ENSEIGNEMENT DE PHYSIOLOGIE DE LA VIDANGE GASTRIQUE - Dr Philippe DUCROTTE - Département d’Hépatogastroentérologie et de Nutrition (CHU Rouen)

J’ai tenté d’investiguer et ai posé de multiples questions à des spécialistes digestifs, sur la façon dont ce consensus sur la taille maximum de 3 mm des nutriments aurait été établi. Aucun n’a encore su me répondre. L'histoire de cette affirmation s'est quasi "évaporée" mais elle fait partie de la littérature qui est enseignée. Voilà à peu près tout.

Mon hypothèse est que le dogme de la taille des aliments broyés sous les 3 mm avant de pénétrer dans les intestins a bloqué la pensée générale sans même que cela soit conscientisé. Les chercheurs sont sur l'idée que "L'estomac est un super broyeur, à quoi bon étudier les effets de la mastication sur les intestins, puisque le travail de réduction des aliments est achevé au niveau de l'estomac".

Je vais essayer de montrer ci-dessous pourquoi ce dogme est probablement faux et ensuite pourquoi s'il est faux cela peut bouleverser beaucoup de ce que l'on sait sur le microbiote intestinal et sur l'étiologie (étude des causes des maladies) de l'inflammation intestinale et colo rectale.

Grains, noyaux et boulettes contredisent le dogme médical

Premiers faits : chacun aura pu le constater, noyaux de cerise, grains de maïs… peuvent se retrouver intacts dans les selles. C'est à dire des petites boules d'une certaine dureté dont le diamètre est supérieur aux fameux 3 mm, et qui peut aller jusqu'à 10 mm. L'estomac évacue bien des éléments à une taille supérieure à la taille maximum de vidange gastrique enseignée en cours de médecine.

Seconds faits : l'histoire devient plus spectaculaire si on étudie les rapports de police qui documentent la taille des boulettes de drogue saisies à la douane auprès de mules humaines. Les narcotrafiquants ont mené à force de tests in vivo (dans l'organisme vivant) une expérience quasi scientifique empirique en dimensionnant des boulettes de drogue (voir photo jointe) aptes à transiter sans risque par le système digestif. Juste avant le voyage les mules avalent des boulettes, elles prennent l'avion, passent la douane, et arrivées en lieu sûr, elles restituent naturellement ces boulettes qui sont récupérées dans les selles.

Sur une mule, « les chirurgiens récupèrent 38 sachets en plastique de forme oblongue, chacun mesurant 4 x 2,5 x 2,5 cm. »« Le syndrome de la mule », lorsque le corps devient passeur de drogue Ces boulettes de 25 mm (8 fois la taille maximum enseignée en cours de médecine !!!) passent bien en grand nombre (38 boulettes…) de l'estomac aux intestins par une vidange gastrique naturelle.

Ces faits démontrent la possibilité de passage d'éléments durs (grains, boulettes, noyaux) à travers le circuit digestif à des tailles de 10 mm, 25 mm. Ces faits ne démontrent pas il est vrai, que des aliments qui se décomposent (viande, légume) passent eux la barrière du pylore dans une taille supérieure à 3 mm. En fait l'inconnu est de savoir à quel point pour un bout de matière organique qui se décompose, les sucs gastriques de l'estomac, dans le temps où ils attaquent la matière, sont suffisamment agressifs pour la décomposer.

Dans la suite de cet article, nous prenons l'hypothèse que des bouts d'aliments qui se décomposent, ne seraient pas totalement dissous par l'acidité gastrique dans l'estomac, et seraient évacués dans le duodénum à une taille qui dépasse les 3 mm. Cette hypothèse posée, nous proposons des voies d'actions conséquentes sur l'inflammation intestinale.

Manger vite c'est avaler de plus gros bouts

  1. Il est démontré par de nombreuses études que les mangeurs rapides mastiquent moins que les mangeurs lents.
  2. Si un mangeur rapide prend 3 secondes entre deux bouchées sur un morceau dur, il ne peut le mastiquer que deux fois au plus et n'a pas produit suffisamment de mastication pour le réduire mais simplement pour l'aplatir.
  3. Les mangeurs rapides s'ils mangent de la nourriture dure ont tendance à l'avaler tout d'un bout comme un chamallow sans la mastiquer. La taille des bouts qui pénètrent dans l'estomac est peu ou prou la taille des bouts tels qu'ils ont été découpés dans l'assiette.
  4. Chez un mangeur rapide, s'il mange de la nourriture qui comporte des parties dures (viande rouge notamment) alors des gros bouts de matière dure pénètrent dans l'estomac
  5. Notre hypothèse ici est certains bouts de matière dure de grande taille sont encore partiellement décomposés dans l'estomac et pénètrent avec une certaine taille (au dessus de 3 mm) dans les intestins

Manger vite favorise la perméabilité intestinale par prolifération de bactéries de putréfaction

L'estomac est le lieu de la décomposition. Les intestins sont le lieu pour filtrer les aliments, c'est à dire absorber les nutriments qui nourrissent le corps et évacuer ce qui doit être évacué.

Si nous admettons que des bouts de matière putrescibles pénètrent dans les intestins, alors ces bouts vont continuer de se décomposer. On parle de putréfaction. Cette putréfaction va activer la prolifération des bactéries de putréfaction. Il faut savoir que la première partie des intestins (le duodénum) comporte naturellement une concentration faible de bactéries (voir photo). Ces bactéries sont progressivement de plus en plus nombreuses ensuite au fil du circuit digestif. En introduisant des bouts de matière à forte concentration de bactéries en début d'intestin, dont une forte proportion qui vont proliférer en putréfaction, cela entraîne quasi mécaniquement une dysbiose (déséquilibre de l'écosystème bactérien) en faveur des bactéries de putréfaction. Le duodénum est justement la zone de l'intestin pour laquelle une théorie de la perméabilité intestinale fait florès. La perméabilité intestinale accrue ou "leaky gut" pourrait correspondre au passage anormal et pathogène de grosses particules à travers la paroi de l’intestin. Elle est augmentée dans les phases actives des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. Cependant, une augmentation transitoire de la perméabilité intestinale pourrait promouvoir le passage d’endotoxines bactériennes et l’inflammation Les causes de cette perméabilité intestinale sont débattues et l'inflammation est estimée comme un facteur aggravant.

Ceci expliquerait cela. C'est à dire les conseils des professionnels de santé qui recommandent de manger lentement.

  1. En mangeant plus lentement la nourriture est mieux mâchée
  2. La nourriture mieux mâchée arrive en plus petit bout dans l'estomac
  3. Les bouts sont mieux dissous dans l'estomac et pénètrent plus petits dans les intestins
  4. Les petits bouts dissous activent sont accompagnés de moins de bactéries de putréfaction
  5. Les parois intestinales sont mieux protégées de la dysbiose liée aux bactéries de putréfaction qui sont un facteur aggravant de l'inflammation.

Sur la plaque mucoïde pour une action localisée pathogène

Les photos de la plaque dite mucoïde (cœur bien accroché pour regarder les photos !) montrent une plaque composée de matières fécales et de matières collantes (le fameux mucus). Cette plaque épouse la forme de la paroi de l'intestin et du côlon et s’incruste à elle de façon permanente. Son épaisseur augmente au fur et à mesure de l'avancée dans le système digestif pour atteindre une épaisseur moyenne de 0,8 mm dans le côlon. Les résidus alimentaires "alimentent" la formation de cette plaque et on pourrait penser qu'un gros bout mal digéré dans les intestins à la façon d'un chewing-gum, vienne s'y coller d'autant plus naturellement. Dans la mesure où le bout contiendrait encore de la matière putrescible, localement, de façon très ciblée, cela générerait une exposition des cellules épithéliales à une putréfaction, c'est à dire à une dégradation anaérobie par des micro-organismes présents dans le tube digestif (Bacteroides, Lactobacilles, Clostridia, Streptococci). qui produisent de nombreux acides organiques (acides lactique, acétique, acétoacétique, propionique et butyrique).

Plus particulièrement sur le sujet de la viande rouge et du risque associé de cancer colorectal, le sujet mériterait d'être exploré. La viande rouge fait partie des aliments difficiles à mastiquer que nous ciblons dans notre article. L’OMS (Organisation Mondiale de La Santé) « Cancérogénicité de la consommation de viande rouge et de viande transformée » affirme que l'hypothèse du développement d’un cancer colorectal associé à la consommation de viande rouge est soutenue par de fortes indications d’ordre mécanistique. En bref, il y aurait une cause qui ne serait pas encore bien comprise. La seule qui soit véritablement explorée à ce jour est celle de la présence de fer dans la viande susceptible de provoquer une mutation cancérigène des cellules épithéliales (la surface) de la paroi du colon. On peut penser que les mutations cancérigènes soient favorisées par la durée d'exposition et par la charge d'exposition. L'idée d'un risque accru pour de la viande mal mastiquée qui se fixerait à la plaque mucoïde collante fait ainsi particulièrement sens.

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Publié par Slow Control le

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